29 octobre 2009

Une nouvelle version de My Fair Lady pour 2010 !

C'est à présent confirmé, après bien des rumeurs lancées sur le net : Joe Wright prendra la direction de la nouvelle adaptation de My Fair Lady, d'après la pièce de George Bernard Shaw !

Personnellement, je ne peux que me réjouir d'une telle nouvelle, puisque pour rappel, Joe Wright est le réalisateur du magnifique Pride & Prejudice de 2005, ainsi que celui d'Atonment de 2008, d'après le roman de Ian McEwan.

Au casting, Keira Knightley, actrice fétiche du réalisateur a été confirmée pour reprendre le rôle d'Eliza Doolittle, interprété en 1964 par la magnifique Audrey Hepburn.

Keira Knightley dans Pride & Prejudice (2005)

Audrey Hepburn dans le film de 1964


Pour le rôle du "terrifiant" linguiste Henry Higgins, autrefois incarné par Rex Harrison, aucun acteur n'a été jusqu'ici confirmé. Deux noms semblent sortir du lot : ceux de Hugh Laurie et de Daniel Craig.


Hugh Laurie (photo promo de House M.D.)

Daniel Craig dans The Golden Compass

Rex Harrison

Il est à rappeler que cette adaptation est bel et bien la comédie musicale et non la pièce de Shaw originale, ce qui est regrettable, car l'oeuvre se suffit totalement à elle-même...

Wait & see... !

19 octobre 2009

La Chambre Mortuaire de Jean-Luc Bizien

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Sarah Englewood, jeune anglaise fraîchement arrivée à Paris, est engagée comme gouvernante chez Simon Bloomberg, un étrange aliéniste résidant à la rue Mazarine. Usant de méthodes révolutionnaires, le médecin est largement controversé par ses collègues, qui jugent ses théories insensées et dangereuses.
La maison de la rue Mazarine dans laquelle vit désormais Sarah, véritable dédale à l'architecture fantaisiste, exerce sur la jeune femme à la fois une fascination et un trouble extrêmes. Il semble également que l'épouse de Bloomberg a disparu depuis des semaines, sans laisser de traces.
Cet évènement explique-t-il à lui seul le comportement étrange de l'aliéniste ?
***
Acheté au hasard dans la très belle collection des Grands Détectives 10-18, La Chambre Mortuaire se révèle être un roman policier d'une excellente facture. Ce premier roman de la série de l'aliéniste (sans aucun rapport avec celui de Caleb Carr), est une véritable merveille de suspens, à l'intrigue intelligente et originale, qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière ligne.
Les personnages sont extrêmement bien construits, de l'inspecteur de police désabusé à la jeune gouvernante anglaise au caractère plutôt bien trempé, en passant par l'aliéniste aux agissement étranges .
Personnage charismatique, troublant, hanté par des démons que le lecteur craint de voir surgir à tout moment, il deumeure à lui seul et au-delà de l'intrigue, l'une des grandes énigmes de ce premier tome. Médecin controversé, tout comme l'était Freud duquel le personnage s'inspire sans doute en grande partie, Bloomberg alterne les instants de bonté, d'abattement ou de torpeur qui laissent le lecteur plein d'interrogations et d'angoisse.
L'ambiance de ce roman se singularise non seulement par l'emprise de cette maison labyrinthique sur ses habitants, mais également par les habitants eux-mêmes qui peu à peu viennent à se demander s'ils n'auront pas un sort similaire aux patients de Bloomberg, qui oscillent dangereusement entre psychotisme et schizophrénie.
La seule présence du personnage de Sarah Englewood donne heureusement une touche un peu plus appaisée et raisonnée dans cet univers si instable...
Un roman inquiétant et diablement efficace, qui se poursuit par le tome "La Main de Gloire" déjà paru aux éditions 10-18.
A lire !

16 septembre 2009

Beatles de Lars Saabye Christensen

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Ola, Kim, Gunnar et Seb sont quatre amis inséparables ; quatre vies rythmées par les tubes des Beatles, leurs idoles ; quatre jeunes dans la Norvège de ces années soixante où souffle un vent de révolution et d’incertitude…

Beatles est un livre tout à fait déconcertant. Il alterne d’une façon paradoxale les moments agréables et insouciants, avec des instants de vulgarité qui font figure d’anachronisme contextuel et qui gâchent à proprement parlé, le ton frais et léger de la narration.

Les frasques de ces quatre jeunes garçons s’étalent sur une gamme variable, qui vont de l’extrême sympathie de leur jeunesse, aux dérives glauques et malsaines de leur âge adulte… Même si on peut accuser l’époque du récit d’exercer une influence non négligeable sur les déboires d’une génération en plein vague à l’âme, il est clair qu’elle n’explique pas tout. Le but est visiblement de malmener le lecteur au gré de pérégrinations désabusées, dont l’importance est plus qu’aléatoire.

Il est donc difficile de dire si l’on ressort satisfait ou non de cette lecture. L’avis global se retrouve donc, à l’image du propos, plein d’ambiguïtés.

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Note de l'admin :

Ce texte a été rédigé dans le cadre de la chronique de la rentrée littéraire, organisée par le site http://www.ulike.net/

Voici le site dédié où sont réunis tous les avis des internautes ayant apporté leur concours à cet exercice périlleux : http://www.chroniquesdelarentreelitteraire.com/

... et la page où vous retrouverez ma chronique sur Beatles ^_^: http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2009/09/romans-etrangers/beatles-de-lars-saabye-christensen

02 septembre 2009

Peter Ibbetson (1935)

Film de 1935, réalisé par Henry Hathaway (USA)

D'après le roman éponyme de George Du Maurier "Peter Ibbetson"

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Avec Gary Cooper (Peter Ibbetson), Ann Harding (Mary, Duchess of Towers), John Halliday (Duke of Towers), Ida Lupino (Agnes), Virginia Weidler (Mimsey-Mary à 6 ans), Dickie Moore (Gogo-Peter à 6 ans).

Peter Ibbetson, jeune architecte au tempérament instable, est envoyé chez le Duc de Towers afin de rénover ses dépendances. Il fait la connaissance de son épouse, Mary, et se lie immédiatement d'amitié avec elle, malgré leurs nombreuses divergences.
Le jeune homme croit trouver en elle des réminiscences de son amour d'enfance, Mimsey, dont on l'avait séparé plus de 20 ans auparavant.

***



Peter Ibbetson, avant d'être un film, est un roman de George du Maurier (grand-père de Daphné), l' auteur de Trilby - roman très connu Outre-Manche - célèbre pour avoir inspiré, dit-on, Le Fantôme de l'Opéra à Gaston Leroux... Peter Ibbetson connut un succès beaucoup plus modeste, alors que Trilby fut acclamé par la critique et les lecteurs (et fit l'objet d'une adaptation scénique qui tint l'affiche pendant de nombreuses années). D'un point de vue tout à fait personnel, je pense que les romans de George du Maurier ont assez mal passé l'épreuve du temps. Si les trames sont splendides, on peut reprocher à la plume de s'égarer dans des détails de piètre importance, qui ont tendance à anarchiser la structure du récit. Il faut leur laisser qu'ils sont remplis d'un humour plutôt en avance sur son temps, mais que le ton, s'il se veut enlevé, ôte à l'histoire quelque peu de son sérieux et donc de sa crédibilité.

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Le film qu'en a fait Henry Hathaway en 1935, même s'il reprend les éléments essentiels de l'oeuvre, se concentre sur le véritable propos sans jamais s'égarer. L'histoire retrace en effet le destin de Mimsey et Gogo, élevés ensemble dans le Paris de 1850, séparés ensuite de force après la mort de la mère du petit garçon. Parti en Angleterre, Peter alias Gogo ne reviendra jamais à Paris et ne reverra jamais Mimsey, malgré qu'il lui avait promis, un jour, de venir la rechercher... Peter demeure hanté, plus de 20 ans plus tard, par le souvenir de cette séparation brutale, et reste habité par un sentiment d'isolement, de solitude et presque de culpabilité, qui le poursuit comme une obsession brûlante. La mort de sa mère, son départ de France, la séparation d'avec son amie d'enfance, autant de déchirements qui font de Peter Ibbetson un être brisé.
Il est un personnage romantique, mais pas dans un sens péjoratif : il est sombre, voire instable, plein de contradictions. Bref, le personnage s'est largement étoffé pour son adaptation à l'écran... Gary Cooper, que l'on attend peu dans un registre aussi particulier, a eu sans doute eu là l'un des plus beaux rôles de son impressionnante carrière.

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Sa rencontre avec Mary, duchesse de Towers, dissipe subitement en lui tous les tourments qui le relient à son enfance... Simplement parce que Mary est le symbole même de son enfance perdue.
Ann Harding, distinguée, résolue, mais d'une douceur splendide, interprète son rôle à la perfection. Un jeu d'une beauté sans fard, une délicatesse et une élégance qui restent gravés dans l'esprit... Le personnage de Mary-Mimsey n'est pas une ingénue, naïve et passive, comme on peut tant en trouver dans les trames romanesques. La force et l'émotion s'allient avec une sobriété touchante dans ce personnage, qui demeure un modèle de stabilité et de courage tout au long de son destin tragique. Une âme franche, vivante, et pourtant hantée par un sentiment d'abandon tragique dont le spectateur n'aura malheureusement qu'un court aperçu...

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Les modifications scénaristiques (l'intervention du Duc de Towers dans l'intrigue, qui limite ainsi la dispersion des personnages et de l'action), confortent l'univers onirique de ce film, qui est son élément le plus hors-norme et le plus fort. Une oeuvre, qui est à beaucoup de point de vue très singulier et plutôt en avance sur son époque.

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Ajoutons que la photographie, quasiment expressionniste, apporte à ce film une beauté sobre, qui accompagne l'intrigue à la perfection.

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Un chef d'oeuvre oublié à (re)découvrir, édité dans la Collection des Introuvables (disponible à la fnac) !

28 août 2009

Le Fantôme de Baker Street de Fabrice Bourland

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Les détectives Andrew Singleton et James Trelawney recoivent un jour une singulière visite. La dame élégante qui se présente ce matin de 1932 dans leur salon n'est autre que Lady Jean Conan Doyle, la veuve du fameux créateur de Sherlock Holmes. En mourant, son mari lui a confié un message des plus singuliers , tandis que des phénomènes étranges se trament au n°221 de Baker Street, qui semble hanté par un bien curieux pensionnaire... Pendant ce temps à Londres, d'horribles crimes, imitant les lugubres forfaits de certains personnages de la littérature victorienne, sont perpétrés avec une régularité sinistre. Singleton et Trelawney vont se retrouver plongés dans une enquête où la frontière entre la réalité et la fiction ne paraît plus si infranchissable...

***
Voilà bien un livre dont le titre et le résumé de l'éditeur m'avaient fort intriguée. Je vais tâcher de ne pas réitérer ici les arguments du très bon article de Gabriel sur le sujet... Mais mon enthousiasme en demi-teinte méritait un article sur cet ouvrage, qui sur le concept, est plutôt réussi. Difficile d'éviter les spoilers pour exprimer le fond de ma pensée, aussi veuillez m'excuser si je dévoile une partie de l'intrigue dans ce qui suit...
L'idée de ce livre est foncièrement plaisante et originale : à savoir celle qui voudrait que les personnages de romans ont une existence éthérée dont la force et la consistance varient avec l'enthousiasme que les lecteurs leur portent... Quel sentiment sublime que celui qui voudrait que ces héros n'existent plus uniquement dans l'imaginaire, mais que la force de la pensée collective leur confèrent un statut d'esprit indépendant !
C'est un concept qui laisse rêveur, et les matérialisations spirites qui sont restranscrites dans ce roman ne peuvent que donner au lecteur une délicieuse impression de voeu enfin exaucé...
Mais comme je l'ai dit, mon avis est légèrement nuancé, car même si le principe du roman et sa trame sont jubilatoires, le style l'est un peu moins. L'écriture est relativement fluide, agréable, mais manque indéniablement de maturité. Les deux personnages principaux, qui ne sont pas sans rappeler le tandem Holmes-Watson, même s'ils paraissent attachants, ne parviennent pas à être réellement pris au sérieux.
Quant à l'issue du récit, qui j'aurais imaginé en apothéose, elle m'a laissée sur ma faim.
En deux mots : la grandeur de l'idée et le style du récit ne coïncident pas suffisamment pour que ce livre soit un grand livre.
Reste une histoire originale, décalée et charmante que je conseille à tous les amoureux de la littérature victorienne et de Sherlock Holmes.